15.06.2008
Igor Anton s´impose dans le froid

Igor Anton
Dans le froid et sous la pluie, l´Espagnol Igor Anton (Euskaltel) s´est imposé sur les hauteurs de Flumserberg lors de la 2e étape du Tour de Suisse. Il a ainsi endossé le maillot jaune de leader qui ornait les épaules de son compatriote Oscar Freire, vainqueur au sprint samedi à Langnau.
Les Suisses ne sont pas passés inaperçus lors de ce premier week-end de la boucle nationale. Samedi, Steve Zampieri et David Loosli ont prit part à une échappée de 118 km en compagnie de l´Espagnol Inigo Landaluze finalement reprise à 2 km de l´arrivée. Dimanche, Martin Elmiger, deuxième à Langnau la veille, s´est lancé dans une fugue solitaire de 148 km en comptant une avance maximale de 18´. L´ancien champion de Suisse a été repris au pied de la dernière bosse menant à Flumserberg, le village de Marie-Thérèse Nadig, double championne olympique de ski à Sapporo.
A ce tableau, il faut encore mentionner le Bernois Oliver Zaugg, totalement décomplexé dans les deux derniers kilomètres où la lutte était la plus intense. Le coureur de l´équipe allemande Gerolsteiner s´est trouvé aux premières loges avec tous les hommes forts de cette 72e édition du Tour de Suisse. En compagnie de l´Italien Damiano Cunego, du Tchèque Roman Kreuziger et du Luxembourgeois Kim Kirchen, il est parvenu à effectuer la jonction à 1,5 km du sommet avec le trio formé du Luxembourgeois Frank Schleck, du Belge Stijn Devolder et d´Anton.
L´outrecuidant Zaugg tentait même sa chance seul à la flamme rouge et l´exploit semblait possible puisque la mésentente régnait entre les six autres coureurs. Finalement, le Bernois a été d´abord repris par Anton, auteur d´un démarrage à 200 m de la ligne sur une route très pentue. Puis, Kirchen, Cunego et Frank Schleck sont parvenus à le dépasser. Toutefois, il a laissé derrière lui des coureurs comme Devolder, Andy Schleck et surtout Andreas Klöden, qui a concédé 30´´ à Anton. Ce dernier, déjà vainqueur sous la pluie à Morgins en 2007 au Tour de Romandie, entend bien défendre son paletot jaune. "J´appréhende seulement le contre-la-montre du Klausen", a expliqué ce Basque, qui dispute sa quatrième saison de professionnel.
Dix prétendants à la victoire finale
Ce premier week-end a déjà montré quels seraient les prétendants à la victoire finale. Le nom du futur vainqueur figure certainement dans les dix premiers du classement général. Il est vrai que l´entrée en matière était d´une exigeance rare. Déjà samedi, la première étape dans l´Emmental n´avait rien d´une mise en bouche pour sprinter même si Freire s´est finalement imposé. Le triple champion du monde s´est montré particulièrement impressionnant si l´on songe qu´il effectuait sa rentrée après une pause de sept semaines sans compétition. Il était le seul véritable sprinter à être présent dans le groupe de cinquante coureurs qui s´est disputé le bouquet du vainqueur.
Cette première étape n´avait fait qu´une victime de marque, le Néerlandais Thomas Dekker. L´ancien vainqueur du Tour de Romandie a concédé près de 15 minutes à son coéquipier Freire. Dimanche, il a de nouveau déboursé plus de 12´. Inquiétant à trois semaines du départ du Tour de France.
Si les Suisses ont été en vue dans cette première étape, Cancellara n´a pas réussi à tenir la roue des meilleurs dans la dernière ascension de la journée sur des routes qu´il connaît par coeur. Le vainqueur de Milan - San Remo a rejoint la ligne d´arrivée avec 23´´ de retard.
Après un week-end montagneux, le peloton retrouvera un parcours beaucoup moins exigeant à l´affiche de la 3e étape entre Flums et Gossau, 155,2 km. Seules deux côtes de 3e catégories placées loin de l´arrivée seront à l´ordre du jour.
Serge Henneberg/Flumserberg