13.03.2008
Les nouvelles missions du champion de Suisse

Beat Zberg
Au cours de 16 ans de carrière, le champion Beat Zberg, originaire du canton d'Uri, s'est régulièrement battu pour des victoires d'étapes sur le Tour de Suisse. Lors de l'épreuve de cette année, du 14 au 22 juin, les poussées d'adrénaline vont lui manquer, dans les empoignades d'homme à homme. Mais le professionnel du vélo, qui s'est retiré de la compétition à l'issue de la saison dernière, assume dorénavant la coresponsabilité des étapes intéressantes du Tour de Suisse.
Beat Zberg sait de quoi il parle quand il évoque la dureté des courses par étapes. Neuf fois il a été au départ du Tour de France, deux fois à la Vuelta et une fois au Giro. Le Tour de Suisse (TdS), il l'a disputé 13 fois, l'a terminé 7 fois dans les dix premiers, et second au général en 1998. Quatre étapes lui ont valu un podium. L'ultime satisfaction de sa carrière, une victoire d'étape dans le tour de son propre pays, lui a échappé, mais sa fidélité au TdS ne s'est pas démentie. Beat Zberg fait partie dès cette année de l'équipe de direction, comme coordinateur du parcours.
Sans amertume
Les coureurs se retrouveront en juin sur un très beau parcours, d'une grande diversité. Mais le maillot arborant la croix suisse n'interviendra pas dans la course. N'y a-t-il pas une pointe d'amertume chez le champion de Suisse en titre, Beat Zberg ? N'aimerait-il pas encore une fois en découdre avec l'élite des coureurs ? « Oui, c'est un beau tracé », s'enthousiasme Zberg, mais d'ajouter très vite : « Non, j'ai tourné la page, je suis convaincu que la décision d'arrêter était la bonne ». Zberg ne se privera pas du plaisir de reconnaitre l'un ou l'autre kilomètre du Tour de Suisse à proximité de Bürglen, son domicile. Mais, pour se mesurer actuellement à un professionnel, il lui manque quelques kilomètres d'entrainement dans les jambes. Car c'est en voiture maintenant qu'il franchit les cols. Pour une raison tout à fait pratique : « Je dois prendre aujourd'hui des notes exactes pour l'itinéraire du Tour, et ce serait difficile en vélo ! ».
Les derniers points délicats
Pour Beat Zberg le travail actuel est nouveau, il a dû faire face à des situations qu'il imaginait difficilement : « En tant que coureur tu penses que c'est évident que la caravane du tour puisse circuler sur de grands axes à proximité des autoroutes. Mais les dernières semaines m'ont appris que tout cela doit être concerté et discuté avec la police cantonale ». À présent, à la mi-mars, il reste à régler les détails précis des étapes. Tout a été dit de vive voix. Mais il faut encore attendre les dernières autorisations écrites, gérer les derniers points qui posent problème, par exemple suite à des chantiers sur le parcours. « Il s'agit maintenant pour le magazine du Tour de Suisse d'établir de brefs tableaux de marche ou de décrire les trois derniers kilomètres du final ».
Qui sera le meilleur grimpeur suisse ?
Un épisode particulièrement passionnant pourrait s'inscrire dans les annales du tour sur les trois ultimes kilomètres du contre-la-montre en montagne, le 21 juin d'Altdorf au col du Klausen. « Ce sera l'un des temps forts du tour, en particulier pour moi qui suis originaire d'Uri : le moment décisif de l'épreuve de cette année ». Dans l'histoire du Tour de Suisse un contre-la-montre en montagne s'est disputé trois fois au col du Klausen. Quant à savoir si la prochaine édition améliorera le bilan positif des victoires suisses, après celles de Robert Hagmann (1968) et de Beat Breu (1984) ? « C'est l'objectif vers lequel doivent tendre les cyclistes suisses », nous dit Beat Zberg, une lueur dans les yeux.